Le MTV Jet lag au Monegros desert festival 2008

Monegros Desert Festival 2008 - 12 juillet 2008

La chaîne musicale MTV a proposé 24h, un peu folles, à 60 privilégiés dans un désert espagnol au son des grands acteurs mondiaux de l’electro. Une nuit ponctuée des sets de 2 many DJ, Laurent Garnier ou encore DJ Hell. Une soixantaine de jeunes adeptes de la musique électronique ont participé au plus prestigieux festival techno d’Europe le week-end dernier. Voici le récit d’une expérience extrême partagée avec 50 000 spectateurs.

Le MTV Jet lag au Monegros desert festival 2008

Monegros Desert Festival 2008 - 12 juillet 2008

13h37 : l’enregistrement des bagages à l’aéroport Charles de Gaulle ne passe pas inaperçu. Les 60 participants de cette nuit blanche se démarquent par le look et l’absence de bagage.
L’avion, affrété par Vueling, est designé aux couleurs d’MTV par l’artiste espagnol 3ttman. Après le décollage, l’hôtesse invite les passagers à détacher leur ceinture et à fermer le volet de leur hublot. La tête de l’avion s’exécute, pour garantir l’ambiance, tandis que les passagers arrières, en vol régulier, restent cois. DJ Hell, master allemand exilé à New-York pour y fonder le label Gigolo Records, prend alors la place des stewards. Le set aérien d’Helmut est rythmé par des trous d’air qui n’effrayent pas les tuffeurs encore frais. Le ton est donné, le jour sera long, il ne sera pas question de fermer l’œil avant le lendemain, à la même heure.
Il faudra deux heures à l’autocar au départ de Barcelone pour atteindre le désert du Monegros. L’arrivée sur le haut plateau est annoncée par une salve d’averses. Les trombes d’eau n’ont d’égale que le pouvoir glaçant du vent, mais pas de quoi décourager les français sous-équipés face à cette intempérie : le Champagne coule à flot.

20h12 : les basses, qui proviennent de la scène ouverte toute proche, sont assourdissantes. La vue qui surplombe le site invite au mouvement frénétique, - ne serait-ce que pour ne pas mourir de froid -. Les 50 000 spectateurs se transforment en acteurs principaux du show. La musique se vit dans une symbiose déconcertante. Le sourire béant est le point commun de tous ceux qui se sont réunis dans ce trou perdu pour s’en mettre plein le oreilles et plus, si affinité.
Le site est composé de cinq scènes qui rivalisent de samples et autres distorsions. La pluie cessant, le premier coup de tonnerre de cette nuit blanche, est donné par les californiens de Cypress Hill. Le public espagnol connaît tous les morceaux par cœur et se voit gratifié de trois opus dans la langue de Don Quichotte, à défaut du Catalan. Seul véritable live avec Soul Wax, Cypress Hill s’est offert le luxe de deux heures de pur hip-hop ricain, aux couleurs sang et or.
Le peuple du désert du Monégros erre de scènes en sets déjantés - ou justes furieusement cadencés -… Ici, pas de répit pour les tympans, aucun refuge à l’horizon. Seule solution, trouver sa « vibe », bien différente à 23h qu’à 3h49 par 7C°, surtout habillé façon « juilletiste en désert espagnol ». Pour persister, il faut donc danser. De nombreux artistes (Miss Kiting, Ellen Alien, Laurent Garnier, Agoria etc.) se succèdent avec un rythme effréné.
La moitié du site s’est désertifiée vers 5h du matin lorsque 2 Many DJ lance ses titres salvateurs. Le coup de fouet fait du bien, on en demande encore ! Surtout qu’il reste trois heures à tenir.

6h45 : il est l’heure de commencer à s’organiser fébrilement pour le retour. Alors que tout le monde pique du nez, le soleil pointe le sien. S’opère alors un instant féérique. Les nombreuses chrysalides pétrifiées s’éveillent sous l’éclat de l’aurore. Le moindre rayon de soleil recharge les batteries des clubbeurs émérites, une énergie d’avenir, sans aucun doute !
Il est alors temps de regagner Barcelone pour reprendre l’avion. L’instant est unique, les regards sont complices au pied du bus. L’envie de rester là, jusqu’à la fin de ce deuxième jour, effleure tous les esprits. Les paupières sont lourdes durant le trajet autoroutier. Pour fêter l’événement, les « gentils organisateurs » d’MTV, sabrent le Champagne à l’aéroport catalan.
Il n’y a pas de DJ sur le vol du retour. Le groupe est éparpillé dans l’avion mais on reconnaît facilement les passagers du MTV Jet lag : ils ont les chaussures boueuses et les paupières fermées.

Dom Poirier

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