Les Têtes Raides à La Filature

La 11e Semaine de la chanson française débute à La Filature de Mulhouse avec la réception des Têtes Raides, ce groupe atypique formé en région parisienne fêtant déjà ses 20 ans d’existence. Rock ? Chanson ? Peu évident de caractériser leur style avec précision.
- Date : 1er mars 2008
- Adresse : 20 allée Nathan Katz - 68090 Mulhouse Cedex
- Telephone : 03.89.36.28.28
- Web : www.lafilature.org
Têtes Raides

J’adore La Filature, ce complexe mulhousien digne des plus grands espaces culturels, son personnel accueillant et serviable, son architecture moderne, sa grande salle de concert aux sièges rouges évoquant d’autres lieux prestigieux. Lorsque j’arrive dans la salle sur les coups de 20h50, les Têtes Raides sont déjà sur scène, et une rapide vue d’ensemble m’indique que le concert affiche complet. De prime abord, l’ambiance est particulière, avec un public attentif (peut-être pas assez réactif) et un éclairage clair-obscur incitant à la contemplation. Je descends discrètement les nombreuses marches afin de me rapprocher de la scène et constate une forte disparité dans les premiers rangs, d’une part les fans du groupe, d’autre part les fidèles de La Filature, venus assister au “spectacle du samedi soir”. Qu’importe, cette mixité est sans doute l’un des atouts de cette salle, affichant bien souvent complet lors de ses représentations.
Christian Olivier, souvent éclairé d’un unique spot blanc on ne peut plus puissant, enchaîne les titres du dernier album, Banco, et tente de faire participer le premier rang, c’est un demi-échec, il s’est sans doute trompé de cible. Des voix éparses surgissent de temps à autre du public, encourageant et acclamant l’artiste, cela rompt avec une monotonie peu souhaitable. La lecture de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman constitue, selon moi, l’un des grands moments de la soirée. Pendant vingt minutes, le public demeure captif, calme, et se laisse transporter dans ce moment de diversion littéraire. Les Têtes Raides sont un groupe à la fois poétique, engagé et électrique, remettant sans cesse en question les fondements de leur existence, qui impressionne sur scène et inspire le respect.
Remerciements
Madame Lévy-Scheyen ainsi que toute l’équipe de La Filature.
