Pascal Obispo au Zénith de Paris

Hasard du calendrier ou non, Pascal Obispo se produit au Zénith de Paris deux jours seulement après la fin de l’escale francilienne de Michel Polnareff à Bercy. Les medias ont largement alimenté les vraies-fausses rumeurs concernant les relations diplomatiques entre les deux artistes, mais le public est libre de choisir son camp en fonction de ses convictions ou de son époque de prédilection. Néanmoins, vaut-il mieux voir quatre fois Obispo ou deux fois Polnareff?
- Date : 16 mars 2007
- Adresse : 211 avenue Jean Jaures 75019 PARIS
- Web : www.le-zenith.com/paris
Pascal Obispo (web)
Tous les concerts de Pascal Obispo affichent complet et celui de ce vendredi soir ne déroge pas à la règle, le Zénith de Paris est comble d’un public venu découvrir la tournée Les Fleurs du Bien, après avoir très certainement écouté en boucle l’album sorti le 15 mai 2006 en France. Selon l’artiste, le public présent ce soir-là est particulièrement vivant et réactif, l’approche du week-end étant très certainement l’une des explications. Notons que les places assises, situées loin de la scène, sont les premières occupées, la perspective d’une longue soirée refroidit sans doute les ardeurs de la convivialité de la fosse. Je félicite les fans qui ont distribué des bâtonnets lumineux au public, cette fosse lumineusement colorée est un plaisir pour les yeux.
Après une première partie très rock (et d’excellente facture) orchestrée par le groupe français Mokaiesh, l’arrivée des célébrités dans la salle (Line Renaud, Dany Brillant, Patriiiiick Bruel, Kamel Ouali, etc.), quelques clips pour occuper les gens (Sa raison d’être, Love United, Il n’y a pas un homme qui soit né pour ça et Mauvaise foi nocturne) et la modélisation virtuelle, façon jeu vidéo, du personnage Obispo par Florence Foresti et Elie Semoun, le spectacle peut débuter.
L’entrée de Pascal Obispo et de ses musiciens est aérienne : déguisés en anges, ils descendent du ciel en interprétant Amen, un titre au goût du jour évoquant le triste héritage écologique que nous laisserons à nos enfants. Après leur atterrissage en douceur, le concert se poursuit dans une ambiance très rock, mais l’absence de Melissa Mars lors de La Machine m’interpelle, sa présence n’étant que virtuelle à travers les écrans géants. Dommage, car son nom avait même été évoqué par Pascal Obispo pour ses premières parties sous réserve de l’achèvement d’un troisième album. Pascal Obispo aime communiquer avec son public, et l’artiste n’hésite pas à diviser la salle en trois parties lors de la chanson Libre comme Picasso, chacune devant crier l’une des syllabes du refrain PI-CA-SSO selon sa position dans la salle. Le public adore.
Le concert se poursuit avec des grands classiques de son répertoire, de ses débuts avec Plus que tout au monde en passant par Sa raison d’être, Où et avec qui tu m’aimes et Noir, ce dernier titre étant interprété dans une version très live, bien plus rythmée que la version studio. Pascal Obispo s’installe ensuite au piano pour une version très acoustique de Millésime qu’il dédie à tous les papas présents dans la salle, avant d’accueillir un orchestre de jazz qui l’accompagne sur Las Vegas et sur Lucie.
Une inconnue demeure, celle du chanteur idéal. Qui sera l’élu choisi dans le public pour interpréter en duo avec Pascal Obispo Le chanteur idéal en étant vêtu d’un costume rouge satin du plus bel effet ? Les spots lumineux rôdent au-dessus du public, mais la salle réclame à l’unisson la présence de Patrick Bruel sur scène. Ce dernier joue le jeu, précise qu’il “apprécie les compositions de Pascal” mais éprouve des difficultés à poser sa voix dans les refrains. Qu’importe, l’ambiance est bon enfant et le public est ravi. Trois accolades entre les deux artistes, et le show peut se poursuivre.
Il est un sujet inévitable en cette période, je l’ai brièvement évoqué en introduction, c’est celui du retour de Michel Polnareff. Pascal Obispo revient sur scène déguisé en “Polna”, mais ses musiciens l’informent aussitôt du retour de Michel Polnareff à Bercy. “Est-ce possible ? Mais… mais… s’il était réellement revenu, il m’aurait invité, non ?” Hélas non, vous n’avez pas été invité, et sous des apparences humoristiques, nous sentons la déception de Pascal Obispo. Il va sans dire que la forte présence des jeunes dans les concerts de Michel Polnareff est en partie liée aux reprises faites par Pascal Obispo dans le précédent album “Fan”, et ce dernier s’est parfaitement inscrit dans la philosophie musicale de Michel Polnareff. Passons. Vexé et blessé, Pascal Obispo arrache, jette à terre et piétine la perruque. Il s’éclipse un instant et réapparaît, “déguisé en Obispo”, afin d’interpréter Fan, Mourir demain (sans Natasha St-Pier), Sur la voix Ferré et enfin Rosa au piano (décoré par son fils), qui n’est autre qu’une chanson émouvante en hommage à Rosa Parks.
La dernière ligne droite du concert se précise, ce dernier ayant commencé il y a deux heures à présent. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des références aux années 80, avec 1980 dans une version longue durée pour plus de plaisir, suivi de nombreuses reprises de Prince, Patrick Hernandez, Van Halen ou encore Madness. Le public est debout (notez qu’une position assise est incompatible avec Jump), chante, danse et savoure cette fin de concert.
La fin du concert est émouvante, Pascal Obispo est au piano, pour y interpréter Les fleurs du Bien, seul, suspendu au-dessus de la scène. Le public entier a les yeux rivés vers le haut, vivant les derniers instants d’un concert qui aura pratiquement duré 3h. La chanson se termine et des fleurs de toutes les couleurs apparaissent sur les écrans géants, c’est définitivement la fin. L’artiste est très longuement applaudi par la totalité du public, enchanté par ce qu’il vient de vivre.
Le simple fait d’évoquer le nom de “Pascal Obispo” suscite souvent des réactions étonnantes, je ne sais exactement pour quelle raison. Est-ce dégradant d’apprécier un artiste engagé, volontaire, doué et qui respecte son public ? A toutes ces personnes qui jugent sans avoir vu, je leur souhaite d’assister, ne serait-ce qu’une seule fois, à l’un des concerts de Pascal Obispo, leur avis changerait, à coup sûr. Cultivons les fleurs du bien.
Setlist
- Amen
- Après quoi on court
- La machine
- Tombé pour elle
- Libre comme Picasso
- Plus que tout au monde
- Sa raison d’être
- Où et avec qui tu m’aimes
- So lonely (Police)
- Noir
- Millésime
- Las Vegas
- Lucie
- Zen (Zazie)
- Le chanteur idéal en duo avec Patrick Bruel
- Fan
- Mourir demain
- Sur la voix Ferré
- Rosa
- Ce que l’on voit, allée Rimbaud
- 1980
- Chercher le garçon (Taxi Girls)
- Tainted love (Soft Cell)
- Purple rain (Prince)
- Born to be alive (Patrick Hernandez)
- Jump (Van Halen)
- One step beyond (Madness)
- Les fleurs du Bien
Extraits vidéo
A venir…

caroline a écrit,
Ecrit le March 23, 2007 @ 21:13
bon je dois avouer que comme d’habitude, ton article est magnifiquement bien écrit
monsieur le prof toujours parfait :p
mais ça valait quand meme pas le coup de … bon d’accord j’arrete lol
bisous ^^
charlotte a écrit,
Ecrit le March 24, 2007 @ 0:00
jespere qu’il y aura un dvd de cette tournee … un showman, un vrai!
merci de faire vivre cela aux absents
Aurélie a écrit,
Ecrit le March 25, 2007 @ 12:56
Très bel article. J’aimerais savoir si vous connaissez le nom du saxophoniste de la tournée, son talent est extraordinaire!!! Je serais très heureuse d’avoir son nom. Merci, en attente d’une réponse
.
Laurent a écrit,
Ecrit le March 25, 2007 @ 13:03
Hello Aurélie,
Je sais juste que le batteur est Christophe Deschamps et le guitariste Sam Stoner.
En revanche, je pense que tu obtiendras assez rapidement la réponse en postant sur http://www.pascalobispoforum.com/.
Cathy a écrit,
Ecrit le March 27, 2007 @ 8:16
Chapeau l’artiste !!! J’ai assisté au concert du 17/03/07 et j’ai été, une fois de plus subjuguée … quel talent !!! Un artiste qui communique avec son plublic … il a enflammé la salle dès son arrivée !!
Y’a pas à dire … on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut que saluer et admirer le travail de l’ARTISTE !!
J’ai adoré … et je suis prête à y retourner très vite !!! Et j’attends également le DVD Live avec impatience !!
Laurent a écrit,
Ecrit le March 27, 2007 @ 8:21
Tu rejoins donc ce que j’ai écrit
Cathy a écrit,
Ecrit le March 27, 2007 @ 10:10
Exact, c’était EXCELLENT !!! Et j’y suis allée le lendemain, par rapport à toi, les VIP était M. YOUN, E. SEMOUN et Zazie et ce furent eux les “chanteurs idéaux” !
J’attends d’y retourner rapidement, j’ai déjà mes billets pour Juin et j’ai hâte !!!
Aurélie a écrit,
Ecrit le March 30, 2007 @ 17:58
Merci j’ai trouvé avec tant de bien que mal.